Portrait : Harmony et les macarons de Réau

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Dynamique, pétillante, gourmande, voici les adjectifs qui pourraient qualifier Harmony.

Harmony a 34 ans, vit en couple, elle un enfant et un deuxième est en route ! Elle est la fille unique de Monsieur et Madame Delhaye, les fabricants emblématiques des Macarons Fondants de Réau.

Harmony commence par se présenter et la discussion tourne très vite autour de son travail, de son envie de se réinventer, de se développer, d’innover…

Et pourtant au départ ce n’était pas gagné ! A l’âge de 15 ans elle réalise que le métier de ses parents les oblige à travailler tous les week-ends et elle ne veut surtout pas faire comme eux ! Elle se désespère de passer du temps avec eux alors il n’est pas question qu’elle les rejoigne dans l’aventure des macarons !

Elle nous raconte comment a commencé l’histoire de cette douceur…. Une recette artisanale née en 1968 avec tante Ginette et son mari, originaires de Rebais. Une reconversion professionnelle les pousse à concrétiser un projet, ils achètent un camion et partent sur les routes, de foires en salons, pour vendre leur fabrication faite maison, des macarons à l’amande et à la noisette et des rochers à la noix de coco.

Une aventure qui dure jusque dans les années 90, quand tante Ginette passe le flambeau aux parents d’Harmony qui reprennent la tournée en Ile-de-France, la foire internationale de Dijon et la foire de Metz, puis s’installent dans un laboratoire de fabrication à Réau.

La charge de travail de ses parents ne permet pas à Harmony de les voir souvent, le seul moyen qu’elle a trouvé de passer du temps avec eux est de les accompagner dans les foires, de remplacer les vendeuses à la fabrique… et quelques années plus tard elle finit par prendre goût et pas qu’aux macarons !

Elle rejoint l’entreprise et prend goût au travail car elle veut surtout mériter les fruits de son labeur, Harmony a conscience que c’est une privilégiée, elle sait qu’à 22 ans elle ne pourra pas développer cette entreprise sans l’appui financier de ses parents.

Elle aime le côté « libre » de l’entrepreneuriat, libre d’organiser son planning, de créer ou de développer.

Elle ne veut pas passer du temps dans le laboratoire à confectionner des macarons, elle veut créer sa propre histoire. 

Au début, elle reprend les tournées dans les foires mais ça ne lui plaît pas, au fond elle est un peu casanière, elle préfère rester sur le domaine pour concrétiser de nouveaux projets…

A la demande des clients, elle décide d’organiser des portes ouvertes, puis des visites de groupes deux à trois fois par an, le bouche à oreille fonctionne et les réservations s’enchaînent.

Des idées, elle en a plein la tête ! Alors pour se développer, ses parents lui achètent un local à 600 mètres de la fabrique qui devient « son » domaine. Car oui ses parents la laissent faire et elle ne veut surtout pas marcher sur leurs plates-bandes. Elle augmente vite les visites de groupes puis elle décide d’organiser des brunchs, en « bonne briarde » comme elle aime si bien dire et les briardes ça aime manger ! Elle commence par une quinzaine de brunchs, servis à l’assiette, pancakes, confiture et yaourts le tout fait maison et là elle s’éclate !

Son succès la dépasse et elle embauche une cheffe cuisinière qui lui donne des tuyaux pour « optimiser » l’organisation de brunchs, par exemple comment remplir les petits pots de confiture à la poche à douille au lieu de la petite cuillère ! Désormais, elle travaille en cuisine et son nouveau défi est de changer sa carte tous les 6 mois.

Elle parle de son mari comme un réel support, quelqu’un sur qui elle peut compter, il entretient le Domaine et l’aide à la maison. Ils se sont bien trouvés car tous les deux n’aiment pas les vacances ! Ils s’ennuient vite…

On comprend au fil de la conversation pourquoi elle a très mal vécu, comme beaucoup, le 1er confinement, la fermeture du Domaine et de la fabrique ont été un véritable déchirement…

Le seul avantage qu’elle ait tiré de cette crise c’est de passer plus de temps avec son fils mais elle a fini par vite trouver des solutions pour continuer le travail au Domaine malgré la fermeture de plusieurs de leurs activités.

Il lui a paru nécessaire de se réinventer, car passer d’une vie à 150 km à l’heure à un « encéphalogramme plat » a été très difficile à gérer.

Harmony fait appel alors à la solidarité de sa clientèle et décide d’ouvrir une épicerie. Elle propose une quinzaine de références et met à disposition son épicerie aux producteurs pour la vente de leurs produits, et ça a tout de suite fonctionné ! 

Cela ne s’arrête pas là, à l’été 2020, Harmony décide de donner un coup de main également aux artistes musiciens qu’elle connaît et propose des apéros/concerts qui comme vous pouvez l’imaginer remportent un vif succès après cette longue période de disette artistique !

Puis arrive le 2ème confinement et là c’est l’incertitude des fêtes de fin d’année… elle fait fabriquer moins de bûches ne sachant pas comment la situation allait évoluer… elle crée des mini-bûches… et là encore ils ont dû stopper les commandes 5 jours avant Noël car elle ne pouvait plus fournir !

L’épicerie a également bien tournée à cette période grâce à la vente de paniers garnis aux comités d’entreprises qui, faute d’événements de fin d’année, se sont rabattus sur l’alimentaire pour faire leurs cadeaux aux salariés.

L’épicerie compte maintenant une trentaine de références, elle est ouverte du mercredi au dimanche de 14h à 18h. Sur place, elle propose également de la vente à emporter, gaufres, glaces.

Harmony est très attachée à son département et à son beau territoire de la Brie, alors quand on lui demande quel est son endroit préféré, elle nous répond qu’elle en a plusieurs tant les paysages seine-et-marnais sont diversifiés. La forêt de Fontainebleau fait partie de ses spots préférés mais elle apprécie aussi, le temps des livraisons, de sillonner en voiture le nord de la Seine-et-Marne avec ses coins vallonnés qui lui font penser à la région de la Champagne, pas très loin !

Harmony est très fière du chemin parcouru aux côtés de ses parents et du soutien qu’elle a pu apporter au développement de l’entreprise, elle espère renforcer la notoriété de ce petit gâteau délicieux, connu jusqu’en Orient ! En effet, elle nous raconte que lors d’une participation au Salon International de l’Agriculture, des émirs lui ont commandé des macarons aux amandes pour le mariage d’une princesse, ils ont dû les livrer dans un aéroport et les macarons sont partis en jet privé vers Les Emirats Arabes !

« L’envie d’avoir envie » voici le leitmotiv d’Harmony ! Et elle ne manque pas de projets ! Le prochain ? Elle hésite à le dévoiler mais finalement elle cède : un cabaret !

On a hâte de voir !

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